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Cet article a été publié par l'Écho de Cantley Septembre 2018, Volume 30 no 3. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

Une rentrée scolaire en plein chantier de construction... L’ouverture mémorable de l’école secondaire Philemon-Wright

Bob McClelland, traduction de Marie-Josée Cusson

Vers la fin des années 1960, de nombreuses écoles secondaires régionales furent construites au Québec. L’école secondaire Philemon-Wright, à Hull, fut ouverte en 1968 pour remplacer de plus petites écoles à Buckingham, à Hull et à Aylmer. La plupart des anciens élèves se souviennent de ce jour, il y a 50 ans, comme d’un événement marquant qui ne pourrait jamais se produire de nos jours!

À la rentrée scolaire, les élèves ont dû traverser des amoncellements de terre et de matériaux de construction pour atteindre la porte arrière de l’école.

Le message que le directeur adjoint Bill McQuarrie a publié dans le tout premier album de finissants de l’école est peut-être celui qui résume le mieux le chaos organisé de cette journée d’ouverture :

Le lundi 23 septembre à 9 h, la porte (parce qu’il n’y en avait qu’une seule), s’est ouverte sur 1 441 élèves et 76 enseignants, pour qui l’espoir de vacances d’automne prolongées venait de s’éteindre. Toutefois, l’immeuble était loin d’être terminé. En fait, nous n’avions accès qu’au deuxième étage d’un seul bloc, alors que l’immeuble en comptait trois. Ainsi, de 60 à 75 élèves se sont entassés dans chaque classe, et aucune classe n’avait encore de tableaux noirs ou de pupitres. Il n’y avait ni gymnase, ni bibliothèque, ni cafétéria, aucun atelier et que deux salles de bain. Tous les élèves et les enseignants furent confi- nés à cet étage pendant toute la journée. À midi, les salles de classe sont devenues des salles à manger.

Les travaux de construction avaient commencé tout juste au mois de novembre précédent. De grands retards avaient été occasionnés par les nombreux problèmes, dont le sol argileux, la pluie et un accès difficile au chantier. Jusqu’à la fin du mois d’octobre 1968, lorsque le boulevard Daniel-Johnson fut finalement ouvert à la circulation, le seul accès à l’école était par l’autoroute 5.

Le jour de l’ouverture, seul le deuxième étage de l’école était prêt. Pour entrer dans l’école, les élèves devaient traverser ce qu’on ne pouvait qualifier que de chantier de construction : des amoncellements de terre, des matériaux et de l’équipement, partout. Les élèves occupaient le deuxième étage, dans le bruit et la poussière provenant des travaux qui se poursuivaient à l’étage en dessous d’eux.

Les premiers jours d’école, le directeur MacTavish, chemise blanche et cravate, passait ses journées en haut de l’escalier arrière inachevé à résoudre les problèmes et à aider les élèves et les enseignants à trouver leur salle de classe. Tout ce qui empêchait les élèves de tomber au premier étage pendant les travaux était des chevalets de sciage

Comme seulement la moitié des salles de classe était aménagée, la solution fut de placer deux classes par salle. L’enseignant à l’avant de la classe enseignait à un groupe, tandis qu’un autre faisait de même au fond de la classe. La première semaine, certains élèves n’avaient même pas de pupitre; ils s’assoyaient au sol. Les élèves et les enseignants se perdaient souvent dans la nouvelle école, puisque les horaires et l’attribution des salles changeaient constamment.

Les semaines qui suivirent, les salles de classe furent aménagées. En novembre, les ateliers furent prêts, mais il fallut attendre jusqu’en janvier pour la cafétéria, la bibliothèque, l’auditorium et les gymnases.

Toutes les personnes à qui j’ai parlé pour rédiger cet article pensaient la même chose : 1 500 élèves et membres du personnel qui essaieraient d’apprendre et de travailler dans un chantier de construction, ce serait inadmissible de nos jours! En 1968, on ne prenait pas de photos avec des cellulaires, les réseaux sociaux n’existaient pas, les parents étaient moins inquiets et il n’y avait pas d’inspecteurs du gouvernement pour dire « non ». Malgré tout, personne ne se souvient d’accidents ou de blessures.

Les élèves arrivés en 1968 venaient tous de plus petites écoles. À la nouvelle école, en plus de se faire des centaines de nouveaux amis, nous pouvions profiter d’une école toute neuve et d’installations à faire rêver qui sont devenues la norme, dans les écoles d’aujourd’hui.

Bob McClelland est un agriculteur d’ici, un passionné d’histoire et l’un des nombreux enfants de Cantley qui fréquentaient l’école secondaire Philemon-Wright en 1968.

Si vous souhaitez lire une version anglaise détaillée de cette histoire, procurez-vous le volume 44 de la revue Up the Gatineau par l’entremise de la Société historique de la vallée de la Gatineau (http://www.gvhs.ca/publications/utga-pwhs.htmll) ou de Cantley 1889.


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