Les bénévoles de Cantley 1889 rédigent des articles mensuels sur l’histoire locale qui ont été publiés dans L'Écho de Cantley, une organisation sans but lucratif bilingue qui produit le seul journal communautaire de Cantley.
L’article qui suit est reproduit ici avec l’autorisation de L’Écho de Cantley, Juillet 2019, Volume 32 no 1.
En 1989, l’action citoyenne qui a valu son indépendance à Cantley était toujours rapportée de manière négative dans les médias gatinois, comme si Cantley n’avait pas le droit d’exister. La vision des journaux Le Droit et La Revue se rapprochait des intérêts politiques et commerciaux de Gatineau, notamment ceux en faveur de l’aménagement de trois dépotoirs à Cantley. Ces journaux n’aimaient pas des insolents comme nous!
Le conseil municipal de Cantley a invité les citoyens à se joindre à divers comités. Le conseiller Heinz Pilz était à la tête d’un comité dont le mandat était de créer une publication sous forme de bulletin, de journal ou autre.
Les débuts ne furent pas de tout repos. Après un certain temps, le 23 juin 1989, nous avons publié un bulletin de six pages annonçant la création du journal, le prochain pique-nique de Cantley, la création d’un fonds pour payer des frais juridiques, l’inauguration du magasin général par le maire Bouthillette et une recette de confiture aux fraises. Nous étions lancés!
À notre deuxième édition, les choses sont devenues sérieuses. La une présentait un dépotoir — le même dépotoir qui a hanté Cantley jusqu’à sa fermeture, près de 20 ans plus tard.
À la troisième édition, nous nous sommes aperçus qu’il était moins coûteux et plus rapide de publier le journal en format tabloïd plutôt que sous forme de bulletin, alors nous avons commencé à le faire imprimer à Winchester, en Ontario, à environ 30 km au sud d’Ottawa. Malgré la distance, il revenait beaucoup moins cher de nous rendre à Winchester. Un matin par mois, nous y apportions nos maquettes, nous allions dîner, puis nous revenions peu après avec une voiture pleine de journaux qui allaient être distribués dans tous les foyers par Postes Canada et dans les dépanneurs de Cantley.
Nous nous sommes enregistrés comme organisation à but non lucratif qui allait autofinancer ses activités au moyen de la publicité. La Municipalité allait payer ses pages municipales, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Presque toutes les entreprises locales avaient leur publicité dans le journal local.
Pendant plusieurs années, toute l’équipe était formée de bénévoles. Dans l’édition du mois d’août 1989, des articles étaient signés Michèle Martel, Anne Ginns et Léo Maisonneuve. Gisèle Gariepy et moi faisions la mise en page à l’ordinateur et nous imprimions les articles sur une imprimante au laser. Ensuite, nous collions le texte sur des maquettes de deux pages que nous allions porter chez l’imprimeur de Winchester. Nos photos étaient prises sur un film, puis développées à l’imprimante. Aujourd’hui, tout cela se fait de façon numérique, et les maquettes sont envoyées chez l’imprimeur à Hull.
Seul notre vendeur de publicité, Jean Lavictoire, était payé. Il recevait une commission à chaque publicité vendue. À la fin des années 1990, nous avons pu commencer à rémunérer modestement nos graphistes et la personne responsable de la coordination.
Les résidants de Cantley avaient quelque chose en commun, à part le paiement de leurs impôts fonciers et la cueillette des ordures : ils recevaient chaque mois leur Écho. Le journal est rapidement devenu le moyen le plus fiable de s’informer sur ce qui se passait dans la communauté et de tisser des liens entre les citoyens.
Huguette Lessard, Carole Brisebois, Dominique Rakotomanga, Michèle Martel, Gisèle Gariepy, Jean Lavictoire, Heinz Pilz, Réjeanne Renaud, Léo Maisonneuve et Anne Ginns sont quelques-unes des personnes qui, selon mes souvenirs, étaient à mes côtés cet été-là. Ils étaient là à la naissance de cette remarquable publication qui, 30 ans plus tard, connaît encore un grand succès!
Steve Harris a aussi mis sur pied Cantley 1889 en 2010 et il en est membre depuis la fondation.