Articles de Cantley 1889 dans L'Écho de Cantley

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Les bénévoles de Cantley 1889 rédigent des articles mensuels sur l’histoire locale qui ont été publiés dans L'Écho de Cantley, une organisation sans but lucratif bilingue qui produit le seul journal communautaire de Cantley.

L’article qui suit est reproduit ici avec l’autorisation de L’Écho de Cantley, Août 2026, Volume 38 no 2.

Le barrage et la centrale de Chelsea en 1926 et avant

Margaret Phillips

Le barrage Chelsea de la rivière Gatineau et sa centrale hydroélectrique sont clairement visibles du parc Mary-Anne-Phillips à travers la baie du Fer à Cheval reliant les rives de Cantley et de Chelsea. Cet été, pour la première fois, Hydro-Québec offre des visites de sa centrale en briques rouges afin de souligner son centenaire. Les opérations ont été modernisées au fil du temps mais, de manière incroyable, la centrale continue à fonctionner de la même façon qu’en 1926 lorsqu’elle a été construite. Le bâtiment demeure inchangé, il est un exemple important de notre patrimoine vivant.


La visite en vaut la peine. Les guides expliquent comment l’électricité est produite et peuvent répondre à des questions comme : « Pourquoi les niveaux d’eau de la rivière Gatineau sont bas au printemps à Cantley tandis qu’ils sont dangereusement élevés à Gatineau? » Quand on a demandé pourquoi la centrale s’appelait la « centrale de Chelsea » alors que son adresse est à Cantley, notre guide ne savait trop quoi répondre. Mieux connaître les répercussions historiques du barrage pourrait enrichir la visite. On espère que cet article aidera.

Entre 1924 et 1932, quatre projets hydroélectriques importants ont été construits sur la rivière Gatineau pour fournir de l’électricité au plus grand producteur de papier au monde, la Canadian International Paper Company (CIP) : les barrages et centrales de Chelsea et des Rapides Farmer dans les frontières d’origine de Cantley, le Paugan à Low et le Mercier au nord de Maniwaki. La Gatineau Power Company a été établie pour construire et exploiter ces centrales hydroélectriques.

Les barrages et centrales de Chelsea et des Rapides Farmer ont été construits entre 1925 et 1927. Une glissoire à bois longue de deux kilomètres a été construite entre les deux, longeant les rives de Cantley afin de permettre au bois de transiter tout en évitant les deux barrages. Des camps de construction avec des maisons et des salles à manger ont été construits près de chaque projet à l’intention des centaines d’ouvriers. Quelques personnes locales ont été embauchées, malgré que l’entreprise croyait que les agriculteurs ne savaient pas comment « travailler de façon assidue ». La ferme voisine des Foley, située aujourd’hui au parc Mary-Anne-Phillips, devait stocker l’équipement de l’entreprise dans l’une de ses granges et fournir un local et des services aux travailleurs qui construisaient le projet du barrage Chelsea.

Durant l’hiver 1927, les barrages ont commencé à inonder de façon permanente la rivière Gatineau, affectant considérablement des communautés riveraines comme Cantley. Pour se préparer, les voies ferrées et les routes furent déplacées au-dessus de la ligne de crue. Un court préavis a été donné aux propriétaires de 150 fermes le long des rives de Chelsea et de Cantley. Leurs fermes furent soit partiellement, soit totalement inondées à l’été 1927. L’effet sur les familles fut dévastateur. Non seulement leurs maisons, mais aussi les champs productifs, les arbres et les mines ont disparu sous l’eau. Des décennies plus tard, le plongeur Robert Grenier a découvert une petite mine de mica au fond de la rivière avec les restes de ses casiers, de boîtes à lunch et d’équipement minier.

Le barrage de Chelsea et la centrale électrique ont été construits ensemble sur la par- tie la plus élevée des 20 acres de l’île de Chelsea, au-dessus des rapides existants et d’une cascade. Au XIXe siècle, l’île était appelée Gilmours’ Mills, un village avec des scieries, des magasins et des maisons pour environ 250 personnes. La cascade, alors nommée High Falls, alimentait les moulins de la ville jusque dans les années 1890 lorsque les opérations d’exploitation forestière ces- sèrent. Ces maisons ont ensuite été louées comme chalets, puis l’île et les chutes ont été renommées Chelsea Island et Chelsea Falls. Après 1922, les chalets ont servi de maisons pour les employés construisant la centrale de Chelsea. Pour les travailleurs des Rapides Farmer, des maisons, des salles de bain et une grande salle à manger ont été construites directement en face de la route 307 dans le champ vacant aujourd’hui.

Debout à l’extérieur de la centrale de Chelsea, regarder vers l’aval a été pour moi une expérience des plus poignantes. Voir l’extrémité sud restante de l’île historique de Chelsea sous moi, avec l’étroite rivière qui se jette le long de falaises rocheuses et abruptes, était comme être témoin de la rivière telle qu’elle aurait pu être il y a des siècles, et bien avant. Veuillez noter : Le barrage Chelsea est une zone à haute sécurité. Il y est interdit de prendre des photos. Les visiteurs n’y sont pas autorisés, sauf lors d’une visite.

Veuillez noter : Le barrage Chelsea est une zone à haute sécurité. Il y est interdit de prendre des photos. Les visiteurs n’y sont pas autorisés, sauf lors d’une visite.
Contactez Hydro-Québec pour obtenir des renseignements sur les visites : 1 800 3655229 (sans frais) et Visitez la centrale hydroélectrique de Chelsea !


Le barrage et la centrale de Chelsea avec une partie de l’île. Sur la baie du Fer à Cheval, les rondins encerclés par des estacades flottant vers la goulotte, c’est-à-dire la ligne blanche qui s’étend au sud du barrage le long de la rive de Cantley. Photo probablement prise peu après 1927. Photo des archives SHVG.
Village des moulins Gilmour (1848-1891) qui deviendra le complexe de chalets de l’île de Chelsea, maintenant le site de la centrale électrique de Chelsea. L’autre rive est celle de Cantley. Photo des archives SHVG.

 

Construction du barrage et de la centrale de Chelsea, 1926. Archives Hydro-Québec.
Barrage de Chelsea, 1927. Photo des archives SHVG.

 

Centrale des Rapides Farmer et barrage. Au premier plan, quelques-unes des maisons restantes des employés (démolies en 1982). La centrale de Chelsea et le barrage se trouvent en amont. Les deux centrales étaient situées dans les limites de Cantley jusqu’en 1989. Photo 1950. Archives SHVG.
Chutes de Chelsea (anciennement High Falls), 1923, site du barrage de Chelsea. Photo d'archives de la GVHS.

 

Remorqueurs le long de la digue permanente traversant la baie du Fer à Cheval, sans billes, au barrage de Chelsea, 1973. Photo des archives SHVG.
Nageurs de l'île Chelsea dans la rivière Gatineau avant 1922. À l'arrière-plan, le rivage de Cantley. Photo SHVG.

 

Les travailleurs du barrage de Chelsea ont poussé les billes de la rivière dans cette glissoire à billes de deux kilomètres. Son écoulement rapide a fait passer les rondins devant les barrages de Chelsea et des Rapides Farmer. Aujourd’hui, des traces de la chute subsistent derrière la clôture le long de la rue Saint-Louis au nord des Rapides Farmer.

Barrage et centrale électrique de Chelsea, Baie du Fer à Cheval et Rivière Gatineau. Le parc Mary-Anne-Phillips fait face au barrage depuis la rive opposée. La pointe sud de l'île de Chelsea se trouve au milieu du premier plan. Photo 2014 du site web d'Hydro-Québec.
Vue de la centrale hydroélectrique et du barrage de Chelsea depuis la rive du parc Mary-Anne-Phillips. Photo M. Phillips, 2020.

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